Vendredi 19 juin 2020

La Wallonie a présenté ce vendredi un plan destiné à favoriser une cohabitation harmonieuse avec le loup. En effet, le retour naturel de cette espèce protégée en Europe nécessitait un plan pour encadrer au mieux sa cohabitation avec l’homme et les réalités de notre région. Un tel plan existe déjà dans plusieurs pays européens.

Pour rappel, le Réseau loup a mis en évidence la présence de 8 loups différents en Wallonie. Ce sont vraisemblablement des loups en phase de colonisation et à la recherche d’un territoire. Parmi ceux-ci, deux mâles semblent être établis sur le territoire : Akéla, dans les Hautes-Fagnes, et un individu sur la commune de Léglise. En 2020, un indice ADN a mis en évidence la présence d’une femelle dans les Hautes-Fagnes, ce qui rend possible une reproduction, même si aucun signe n’a encore été détecté.

Le retour naturel du loup soulève des questions en termes de cohabitation, notamment avec les gestionnaires de troupeaux et le monde de la chasse. Il évoque aussi des questions plus culturelles,  liées à l’acceptation de ce prédateur, sans danger pour l’homme, dans nos régions.
 
Le Plan Loup

Le Plan Loup s’inspire notamment des plans développés dans les pays voisins. Son objectif est d’accompagner l’installation du loup :
-    du point du vue de la protection des individus et de leurs habitats en vue de permettre le redéveloppement naturel d’une population en Wallonie ;
-    en facilitant la cohabitation avec les acteurs de terrain.

Les solutions concrètes pour faciliter le retour du loup sont :

- Le renforcement de la protection de l’espèce : en garantissant un maximum de quiétude autour des tanières localisées et en renforçant la surveillance des zones occupées par le loup notamment pour éviter les risques de braconnage.
- Le renforcement des mesures de détection du loup et du suivi des individus au travers du Réseau loup et, le cas échéant, un suivi pro-actif des individus au moyen de pièges-photo et d’un suivi par télémétrie (colliers-émetteurs).
- L’élargissement des possibilités d’indemnisation : aux propriétaires de troupeaux professionnels mais aussi aux détenteurs d’animaux de rente ou de loisir et via une indemnisation à hauteur de la valeur de l’animal tué, octroyée en cas de responsabilité certaine ou probable du Loup.
- Des conseils de spécialistes et aides à la prévention grâce notamment à la mise à disposition de kits de protection temporaires (clôtures mobiles et kits d’effarouchement) et au financement de moyens de prévention plus durables.
- Des actions de sensibilisation : soirées d’information ; développement de supports de communication ciblés dont un guide à destination des éleveurs concernant les moyens de prévention.

De nombreux acteurs

Le plan a été élaboré avec la collaboration de nombreux acteurs : DNF et DEMNA du Service public de Wallonie et les membres du Réseau Loup. Pour rappel ce Réseau Loup est coordonné par le Département de l’Etude du Milieu Naturel et Agricole (DEMNA) du Service public de Wallonie – ARNE. Il regroupe une trentaine d’acteurs (agents du SPW, éleveurs, scientifiques, naturalistes, chasseurs et communicateurs). Au-delà du Réseau loup, le Plan a été soumis à la concertation de représentants des différents acteurs : monde agricole, monde de la chasse, naturalistes, pouvoirs locaux, la Défense, les parcs naturels. Il a également été soumis à l’avis de la Section nature du Pôle Ruralité du CESE.