Mardi 28 juillet 2020

Suite au dernier cas recensé à Stoubach récemment, le SPW Environnement fait le point sur la présence du loup en Wallonie à partir des dernières informations validées par le Réseau loup.

Dans les cantons de l'Est 

Entre le 11 et le 14 juillet, le réseau loup du Service Public de Wallonie a signalé qu'un troupeau de moutons a été attaqué par un loup à Stoubach (Burg-Reuland). Quatre brebis sont mortes et une a disparu. Les analyses génétiques révèlent que le prédateur est un loup de lignée germano-polonaise. Le DNF prendra contact avec l'éleveur pour lui expliquer les modalités d'indemnisation. Les services compétents allemands et luxembourgeois ont été prévenus.

Cette attaque fait suite à un cas de prédation sur veaux à Nidrum (Bütgenbach), le 10 juillet dernier, pour lequel aucun lien n'est encore établi. Pour ce cas, des analyses génétiques sont toujours en cours.

Le Land allemand de Rhénanie-Palatinat signale plusieurs attaques sur moutons et bovins depuis le 16 juillet, à quelques kilomètres de Stoubach. La collaboration entre régions permettra d'établir le lien éventuel entre ces attaques sur base de l'analyse ADN.

Dans le namurois

Le 26 février 2020, un loup a été détecté par un piège photographique sur la commune d'Assesse. Aucune trace ADN n’a été retrouvée et il n’y a donc pas d’identification possible. Il pourrait éventuellement s’agir du loup photographié à Havelange en août dernier.

Le 16 avril 2020, l'épouse d'un éleveur avait mis en fuite un animal qui ressemblait à un loup près de leur ferme à Briquemont (Rochefort). Deux agneaux morts avaient été retrouvés dans les pâtures. L'analyse ADN effectuée sur les deux cadavres a attesté de la présence d'un loup de lignée germano-polonaise.

Dans les Hautes Fagnes

Un loup de lignée italo-alpine a été mis en évidence sur la commune de Butgenbach à partir d'ADN relevé dans une dépouille de proie sauvage. Il s'agit d'un individu différent de celui de Xhoffraix (Malmédy) et d'Ebly (Léglise).

Par ailleurs, une louve de lignée germano-polonaise a été recensée sur la commune de Waimes, à partir d'ADN relevé dans un excrément, soit la première femelle (après donc 7 mâles) détectée sur le territoire wallon depuis l'extinction de l'espèce.

L'ADN de cette louve ayant été retrouvé le 15 janvier sur le territoire d'Akela, il n'est pas exclu qu'une première meute voit le jour cette année dans les Hautes-Fagnes.

Pour rappel, les communes des Hautes-Fagnes avec au moins un indice de présence validé de loup sont : Baelen, Butgenbach, Eupen, Jalhay, Malmédy, Raeren et Waimes. Les 5 loups des Hautes Fagnes sont : Akela (juin 2018), un mâle de passage (excrément - mars 2019), un mâle (proie domestique - janvier 2020), un mâle (proie sauvage - janvier 2020), une femelle (excrément – janvier 2020).

Le Réseau Loup

Le retour du loup en Wallonie après plus d’une centaine d’année est exceptionnel, notamment pour l’impact de ce super prédateur sur la biodiversité. C'est pour l'accompagner que le SPW a créé, dès mai 2017, un réseau d'observation piloté par le Département de l'Etude du Milieu Naturel et Agricole (DEMNA).  Constitué des représentants des différentes parties prenantes - en plus DNF et du DEMNA - il a pour mission d’objectiver les indices de présence du loup.

En novembre 2017, le loup a été intégré dans la liste des espèces dont les dommages peuvent faire l'objet d'une indemnisation ( Arrêté du Gouvernement wallon du 08 octobre 1998 ). En mars 2018, 15 agents de Natagriwal , une asbl financée par le SPW, ont été formés par le DEMNA pour sensibiliser les agriculteurs des zones sensibles.

Le plan loup : une cohabitation harmonieuse entre le loup et l’homme

Il a vite semblé indispensable de mettre en place un plan d’actions pour le loup, à l’instar des régions voisines, en ce compris la Flandre. Le Plan loup est un outil de gestion visant l’instauration d’une cohabitation harmonieuse entre le loup et l’homme à l’échelle de la Wallonie.

Le DEMNA assure sa rédaction et une veille scientifique.  Pour ce faire, il s’est adjoint le concours de l’Université de Liège (Laboratoire de Zoogéographie) au travers d’un marché de services.  Le DNF est quant à lui chargé de la mise en œuvre pratique de ce plan d’actions. Le plan loup a dernièrement été soumis à consultation des différentes partenaires (éleveurs, chasseurs, naturalistes, etc.) et du Pôle ruralité avant une validation par le Gouvernement d’ici la fin du printemps.

Plus d'informations sur le loup sur le portail de la biodiversité en Wallonie.