Chronique de l'Archéologie wallonne - 20 - page 183

Chronique de l’Archéologie wallonne
Toutes périodes
182
à savoir : un tumulus arasé de la seconde moitié du
2
e
siècle, ainsi que deux nécropoles, apparemment dis-
tinctes, attribuées respectivement à la fin du Bas-Empire
(rue de la Station) et à l’époque mérovingienne (rue
Jean Lamoureux) (Alénus-Lecerf, 1979). Par ailleurs,
des déblais de matériaux de construction gallo-romains
ont été signalés à plusieurs reprises, non loin de là, rue
Hoyoux (Collart-Sacré, 1930, p. 333). Enfin, le versant
opposé du Patar accueille une chapelle dédiée à Saint-
Lambert. Cette église est traditionnellement identifiée
comme l’héritière de celle fondée à Herstal à la suite
d’un miracle produit lors du transfert de la dépouille
de l’évêque Lambert de Maastricht vers Liège, entre 716
et 718 (Coenen, 1924 ; Joris, 1973, p. 392). Cet épisode
est relaté dans la
Vita Landiberti episcopi traiectensis
vetustissima
, rédigée entre 727 et 743 (Kupper, 1984,
p. 6). Selon cette source, éditée dans les Monumenta
Germaniae Historica (Vita, 1913), le cortège funèbre qui
accompagne la dépouille de l’évêque Lambert fait halte,
textuellement, « afin d’augmenter la foi du peuple »,
à Nivelle et à Herstal, où des miracles se produisent, ce
qui entraîne la construction d’une chapelle dédiée au
saint évêque dans chacune de ces localités.
L’année 2011 a vu la mise en œuvre d’un vaste projet
de requalification du centre de Herstal, aux alentours
de la chapelle Saint-Lambert. Les tra-
vaux de voiries et d’équipements urbains
concernaient la place Jean Jaurès, les rues
Élisa Dumonceau et Derrière-la-Chapelle,
ainsi que la place Camille Lemonnier.
L’ensemble de ces travaux a fait l’objet
d’un suivi archéologique par le service
de l’Archéologie (direction extérieure de
Liège 1). Complémentairement, des son-
dages diagnostiques ont pu être implantés
sur le parking attenant à l’administration
communale (parc. cad. : Herstal, 3
e
Div.,
Sect. E, 3
e
feuille, n
o
977
t
). Ces interventions
ont permis de mesurer l’ampleur des per-
turbations liées à l’urbanisation moderne
du site, qui ne montrent aucune accumu-
lation stratigraphique digne d’intérêt.
Au final, seul le pourtour direct de la
chapelle Saint-Lambert recelait un poten-
tiel archéologique d’une certaine inté-
grité (parc. cad. : Herstal, 3
e
Div., Sect. E,
3
e
feuille, n
o
975
b
).
La chapelle Saint-Lambert
La chapelle actuelle est formée d’un noyau
(chœur et nef) de style roman (Genicot,
1972, p. 226) et d’une tour occidentale
attribuée au 16
e
siècle (Collart-Sacré, 1930,
p. 119). La nef, divisée en trois travées, est franchement
barlongue. Elle est composée d’un vaisseau central dans
l’alignement du chœur, flanqué de deux collatéraux.
Le monument est protégé en 1910 comme monument
de culte de 3
e
classe et subit une restauration en 1929,
à l’occasion de laquelle une sacristie est adjointe au flanc
nord du chevet, et deux volumes sont accolés à la tour
occidentale. Des relevés dressés en 1910 par Fernand
Lohest pour le compte de la Commission royale des
Monuments indiquent que la restauration de 1929
s’attache avant tout à restituer la structuration interne
et la distribution des baies de l’édifice roman.
Le substrat géologique du site correspond à un épais
dépôt de colluvions, sans doute d’âge pléistocène,
entaillé par le ruisseau du Patar. Le cadre topographique
au sein duquel s’implante la chapelle s’apparente, à l’ori-
gine, au bord du versant du ruisseau. Jusqu’à la fin du
19
e
siècle, le Patar s’écoule à l’air libre sur le tracé de
l’actuelle rue Faurieux. Au milieu du 18
e
siècle, le ver-
sant du ruisseau est largement entaillé au pied sud de
la chapelle afin d’implanter la Large-Voie (actuelle rue
Élisa Dumonceau), et ainsi suppléer aux carences de
l’ancienne voirie vers Maastricht, qui contourne la cha-
pelle au nord (Collart-Sacré, 1930, p. 109). À partir de
la fin des Temps modernes, le pourtour de la chapelle
Environnement archéologique de Herstal. Haut-Empire : 1a. Agglomération ;
1b. Nécropole ; 1c. Villa ; 1d. Traces de constructions. Bas-Empire et époque
mérovingienne (4
e
-7
e
siècles) : 2a. Traces d’occupations ; 2b. Nécropole. Époque
carolingienne : 3a. Agglomération ; 3b. Résidences pippinides (infographie F.
Giraldo , serv. archéologie, dir. ext. Liège 1).
1 a :
1 b :
1 c :
1 d :
2 a :
2 b :
3 a :
3 b :
JUPILLE
LIÈGE
HERSTAL-CENTRE
PLACE LICOUR
PRE-WIGY
Meuse
Grimbérieu
Patar
(Tongres)
(Trèves?)
Chapelle
St-Lambert
Légia
0
1 km
1...,173,174,175,176,177,178,179,180,181,182 184,185,186,187,188,189,190,191,192,193,...294
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