Chronique de l'Archéologie wallone - 17 - page 136

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G
TOUT
PERI
A une époque qui reste à déterminer
(probablement antérieure aumilieu du xviii
e
siècle), des inscriptions, dessins divers et
fantaisistes sont exécutés sur les murs de la
pièce de vie de l’étage. Ceux-ci auraient été
réalisés par plusieurs mains, directement sur
l’enduit de finition masquant les ragréages
entrepris au xvii
e
siècle.
Au siècle des Lumières, les seules trans-
formations marquantes concernent le corps
de chauffe de l’étage, transformé au goût
du jour.
En 1854, Jean-Michel Courard démolit
le château, à l’exception de l’édifice étudié,
afin de construire sa demeure au nord-est.
L’ancienne zone de contact avec le reste
du château, correspondant aux deux tiers
occidentaux de la façade septentrionale, est
obturée en brique. La façade orientale est
quant à elle percée d’une porte, unique accès
à l’édifice, baptisé depuis « Tour Pépin ».
Enfin, ce monument est classé en 1962
et acquis, au début du xxi
e
siècle, par
Guy Paternotte afin de le réhabiliter en
bureaux.
Au terme de ces premières recherches,
pourrions-nous conclure que l’allusion à
caractère romantique évoqué par le nom de
la tour n’a a priori d’autre réalité que celle de
symbole qu’elle véhicule. Le bien nommé
Pépin le Jeune dit « de Herstal » n’est autre
que celui qui, en 687, battit Thierry III à
Tertry, victoire qui ouvrit à son fils, Charles
Martel, à son petit-fils, Pépin le Bref, et à
son arrière petit-fils, Charlemagne, la voie
à la constitution du premier grand empire
européen post-antique. Dans la tour, hor-
mis le nom, le symbole, on pourrait trop
vite conclure qu’il n’y a rien de ce glorieux
passé alto-médiéval mais ce serait négliger
que la tour se trouve être le seul élément
tangible connu qui puisse s’en rapprocher,
notamment en tant qu’expression d’un pou-
voir initié de longue date et perpétué. Ainsi,
l’historien se préoccupe-t-il de savoir et de
comprendre l’évolution de l’appartenance
de ces lieux échappant longtemps à l’auto-
rité du prince-évêque alors qu’au regard
de la
Vita Lamberti
, on se trouve ici dans
l’un des endroits les plus significatifs de
l’histoire de l’Eglise liégeoise. Ce sujet,
abordé ici à bâtons rompus, est au cœur de
la recherche.
Du reste, ces quelques mètres carrés qui
subsistent de la seigneurie des Hanxeller
expriment à souhait l’importance de l’auto-
rité qui présida à l’évolution des lieux tant
pour les inspirations architecturales nova-
trices pour l’époque, que pour son extrême
originalité en cela que le projet aboutit à la
création de formes extrêmes générées par la
prise en compte de structures antérieures. De
par son évolution, son histoire, ses caracté-
ristiques, la tour est donc un incontestable
trait d’union.
Sa restauration, qui contribuera à sa
lisibilité dans le paysage urbain est aussi
l’occasion pour l’archéologue d’établir un
premier référentiel chronologique et strati-
graphique qu’il est occupé à mettre en place
à cet endroit et qui sera bientôt amendé par
d’autres recherches prévues prochainement
aux confins septentrionaux et occidentaux
de la place Licour.
Huy/Huy : avenue du Condroz
et rue des Sœurs Grises. Evaluation
Catherine Péters et Frédéric Taildeman
Du 14 au 25 juillet 2008, le Service de
l’Archéologie (Direction de Liège I, SPW)
a opéré une évaluation dans le centre ancien
de Huy, à l’intérieur des remparts, dans un
quartier encore inexploré de la rive droite
du Hoyoux. Cette évaluation a précédé la
construction d’un immeuble avec garages en
sous-sol dans le périmètre du PCA « Grande
percée » n
o
7. Les parcelles donnent à la fois
sur l’avenue du Condroz et sur la rue des
Sœurs Grises (parc. cad. : Huy, 1
re
Div., Sect.
C, n
os
281
m
, 281
p
, 258/02b, 258/02c ; coord.
Lambert : 211,864 est /134,351 nord). L’in-
tervention semblait prometteuse mais était
entravée dès le départ par la gestion locale
autonome des permis dans de cadre d’un
Plan communal d’Aménagement qui ne
tient pas compte du risque archéologique.
Un contact direct avec le promoteur de la
construction, la société Prologe, a permis
la rédaction rapide d’un protocole d’accord
puis la réalisation de deux tranchées sur le
terrain libre pendant les congés des entre-
prises de construction. Si le terrain avait
été riche au point de nécessiter une fouille
de toute la parcelle, une négociation aurait
été nécessaire, aucune clause spécifique ne
figurant dans le permis d’urbanisme.
La Carte de Ferraris montre à cet endroit
le couvent et l’église dont René Dubois écrit
1...,126,127,128,129,130,131,132,133,134,135 137,138,139,140,141,142,143,144,145,146,...228
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