Le patrimoine


Archéologie en Wallonie

Ces 25 dernières années, l’archéologie en Wallonie a enregistré des progrès énormes. Avec eux, d’innombrables nouvelles pages ont été apportées à l’histoire de la Wallonie. Professionnalisation, pratique généralisée et systématique de l’archéologie préventive, nouvelles méthodes et techniques ont mené à ce remarquable enrichissement de la connaissance.

L’archéologie est menée en Wallonie par quelques associations agréées, les universités et le service public : SPW / DGO4 / Direction de l’archéologie

La Direction de l’archéologie assure l’étude, la valorisation et la préservation du patrimoine archéologique wallon

La Direction a pour mission de gérer le patrimoine archéologique enfoui ou hors-sol, en vue de sa connaissance, de son exploitation scientifique, de sa protection et de sa mise en valeur. Les méthodes de travail sont basées sur une approche scientifique des questions en rapport avec la préservation du patrimoine archéologique, la contribution à l’histoire des civilisations, l’aide à la sauvegarde, … Une qualification spécifique est requise pour exercer le travail d’archéologue.

La plupart des interventions réalisées en Wallonie, relèvent de l’archéologie préventive. Elles sont donc effectuées dans le cadre de travaux dans le but d’étudier, de documenter les vestiges avant leur destruction inéluctable. La Direction et les Services de l’archéologie dans les provinces, effectuent aussi des fouilles de sauvetage. Certaines autres fouilles sont programmées pour mettre en valeur des sites d’une importance particulière.

Pour diriger les opérations, avant de décider de l’opportunité de la fouille, sont effectuées des évaluations visant à déterminer la présence éventuelle de traces archéologiques. ‘L’Inventaire des sites archéologiques’ et le ‘Zonage archéologique de Wallonie’ utilisent la géomatique pour formaliser la présence ou le risque de présence de matériel archéologique. À cela s’ajoutent la connaissance du terrain et une bonne préparation selon la problématique rencontrée. Quand le ‘risque’ se précise, l’étude préalable se poursuit, notamment via les sondages et prospections peu ou non invasives.

Lors de la fouille, qui requiert elle un décapage du terrain, on procède à la fois au dégagement, à l’enregistrement des données, au dessin, au prélèvement des échantillons et du matériel trouvé. Toutes ces opérations qui sont délicates et demandent précision et rigueur sont menées à bien par les équipes spécialisées de la Direction et des Services de l’archéologie. Les résultats des recherches et analyses débouchent ensuite sur la publication scientifique et la dissémination des résultats obtenus vers le grand public.

Les objets sortis du sol nécessitent une attention particulière, que ce soit pour leur étude et leur publication, pour leur conservation ou pour leur présentation au public. Les artefacts sont systématiquement inventoriés, consolidés et restaurés pour être conservés dans le Centre de conservation et d’étude.

La Direction de l’archéologie gère par ailleurs les demandes de subvention d’activités liées au patrimoine archéologique, les demandes d’autorisation de fouilles et d’agrément des dépôts de biens archéologiques, les déclarations de découvertes fortuites.


Découvertes fortuites

Que faire quand on trouve des objets archéologiques ou des vestiges d’une construction ancienne, par exemple ?

Lors de travaux ou en toute autre occasion que des fouilles (autorisées), des tessons, pierres taillées, des objets archéologiques peuvent être mis au jour. Dans ce cas, l’inventeur de ces vestiges ou objets, c’est-à-dire l’auteur de la découverte, est dans l’obligation de la déclarer auprès de la Commune ou de la DGO4 (voir coordonnées des responsables des Services de l’archéologie de la DGO4 en province).

Ces services soit recensent simplement la découverte, soit entament, rapidement, une intervention de sauvetage, afin de recueillir les informations utiles à l’archéologie.

Entre temps, les biens archéologiques découverts et leurs sites doivent être maintenus en état, préservés des dégâts et rendus accessibles par le propriétaire, l’occupant ou l’inventeur.

A qui appartient l’objet trouvé ?
Suivant le Code civil, le propriétaire d’un terrain est également propriétaire de ce qu’il contient. Si la découverte n’est pas le fait du propriétaire du terrain où elle a lieu, le bien revient pour moitié à l’inventeur, pour moitié au propriétaire.

Cependant, si la découverte s’est produite dans le cadre de prospections non autorisées (détecteur de métaux, par exemple), l’inventeur n’est pas dans la légalité. Il ne peut revendiquer aucun droit sur la découverte.

Il est loisible aux inventeurs et propriétaires de déposer les objets dans des centres de conservation agréés ou dans des musées. Vu la faible valeur de ces trouvailles sur le marché, c’est une option souvent privilégiée.

L’art. 244 du Code wallon de l’aménagement du territoire, du logement et du patrimoine interdit l’utilisation de détecteurs électroniques ou magnétiques pour procéder à des fouilles ou sondages archéologiques.

Seule la Région wallonne est habilitée à délivrer une autorisation de fouille valable (ni le propriétaire, ni l’occupant du terrain ne peut le faire).

L’archéologie préventive

L'archéologie préventive a pour objectif d’étudier et de préserver les traces ou les éléments du patrimoine archéologique menacés par les travaux d'aménagement, d’urbanisme ou d’infrastructure. Elle est pratiquée sur le territoire de la Wallonie depuis la fin des années 1970. Un décret du Parlement wallon l’instaure dans la législation régionale en 1991, deux ans après la régionalisation de l’archéologie. Elle a été confirmée et précisée par voie décrétale en 2014.

Chaque année, dans le cadre de l’archéologie préventive, près d’une centaine de sites sont évalués ou fouillés et 75 suivis de chantiers sont réalisés alors que, en conséquence prévention maîtrisée, les fouilles de sauvetage se font de plus en plus rares.

L’archéologie préventive consiste à collecter, conserver et étudier les données archéologiques avant la destruction du site liée aux opérations d’aménagement. C’est souvent la première et plus souvent encore la dernière occasion de mettre au jour et d’étudier des vestiges et les marques du passé contenues dans le sol. L’archéologie préventive permet de recueillir des informations extrêmement précieuses et d’enrichir l’histoire de nos villes et de nos campagnes.

Les fouilles de prévention se font en concertation avec les aménageurs. Les terrains concernés peuvent être libérés de toute contrainte archéologique après une évaluation ou, le cas échéant, après la fouille exhaustive par grand décapage des zones qui le justifient.

En ville, ces opérations sont autant d’occasions uniques d’examiner les origines et le développement des noyaux urbains remontant à la Préhistoire, à l’Époque romaine ou au Moyen Âge, et de les confronter aux données historiques disponibles. À l’exception des grandes zones d’activité économique, l’archéologie préventive en milieu rural se distingue par son éclatement géographique en de multiples interventions, qui répondent au caractère généralement plus réduit des aménagements : voirie, lotissements, projets touristiques, …

Une attention particulière est aussi réservée à la diffusion et à la publication des résultats. Des visites de chantiers sont fréquemment organisées par les archéologues. Elles accueillent des riverains, des écoles, des férus d’histoire. Chaque année, un périodique ’La Chronique de l’archéologie wallonne’ fait part des opérations et recherches en livrant de brèves notices, très accessibles, sur tous les sites fouillés l’espace d’une année. Tous les deux ans, les Journées d’archéologie en Wallonie, organisées par la Direction de l’archéologie se consacrent aux différents chantiers qui ont été ouverts en deux ans. Les résultats des recherches et analyses sont également publiés dans des monographies éditées dans la collection ‘Études et Documents / Archéologie’.

Inventaire et Zonage

La cartographie numérique axée sur l’archéologie en Wallonie est un ensemble de données évolutif. Elle a été dressée pour améliorer la gestion, la prévention et la connaissance. Elle est réalisée par la Direction et les Services de l’archéologie et rendue opérationnelle par la Direction de la géomatique (DGO4) dans deux sites : l’Inventaire des sites archéologiques de Wallonie et le Zonage archéologique de Wallonie.

L’Inventaire de sites archéologiques de Wallonie

L’inventaire repose sur l’analyse critique des sources écrites et cartographiques, ainsi que sur le traitement de l’information fournie par les fouilles archéologiques et les prospections (pédestres, aériennes, géophysiques, …). La priorité de l’étude est donnée à la localisation précise des sites. Leur description et celle de leurs composantes précèdent un classement par période chronologique, de la Préhistoire à l’Époque contemporaine.

La datation des sites est corroborée par la détermination du matériel archéologique le plus représentatif, confronté aux renseignements livrés par les sciences naturelles. Par ailleurs, les informations relatives aux circonstances des découvertes, aux méthodes de recherches et à l’état de conservation des sites sont examinées.

Ainsi conçu, l’inventaire s’adresse aux chercheurs désireux d’étudier des thématiques ciblées. La base de données et la cartographie qui l’accompagne peuvent notamment aider à appréhender une région en classant les sites archéologiques selon la chronologie, les types de vestiges, leur état de conservation ou les méthodes d’interventions.

Le Zonage archéologique de Wallonie

Le Zonage archéologique de Wallonie intègre les données ponctuelles issues de l’Inventaire des sites archéologiques, mais aussi les données continues qui résultent d’analyses géomorphologiques. L’étude des territoires paysagers, du relief, des sols et du sous-sol, des ressources naturelles ou encore de l’accessibilité au réseau hydrographique permet de mettre en évidence les lieux où l’homme aurait pu vivre. Seule la fouille de ces sites pourra venir confirmer ou non la présence d’un peuplement à ces endroits.

La Wallonie est couverte par un zonage archéologique depuis 2014.

Une version est disponible est à l’état de “prototype“. Elle est publiée en ligne à titre indicatif. Dans le futur, l’adoption d’arrêtés d’application la rendra opérationnelle.

Le zonage archéologique qui formalise l’aléa du risque archéologique doit être considéré comme une offre de service à destination du public concerné. Il permet notamment à tout aménageur d’intégrer l’impact archéologique éventuel dans son projet.

Dans le futur, l'objet principal du zonage archéologique sera de définir comment les services de l’archéologie dans les provinces devront être interrogés dans le cadre de la délivrance des permis d’urbanisme, d’urbanisation et des permis uniques, afin d’assurer l’identification, la gestion, l’étude et la protection appropriée du patrimoine archéologique.

À ce jour, la gestion du zonage archéologique relève de la Direction de l’archéologie qui est en charge de l'outil : évolution au regard de l’acquisition de nouvelles connaissances, de la définition d’objectifs stratégiques régionaux, notamment dans une perspective de développement durable.

La cartographie du zonage archéologique est consultable en ligne

Mise à disposition possible sur site FTP (ftp://docum1.wallonie.be/Donnees/Patrimoine/ZAW), ou sur simple demande écrite à l’adresse suivante : SPW – DGO4 – Direction de la géomatique,

donnees.dgo4@spw.wallonie.be

Comment ça marche ?
Très simplement !

  1. Calculer la superficie de l’opération d’aménagement du territoire
    Il y a 3 possibilités :
    1. En-dessous de 1 000 m²
    2. Entre 1.000 et 5 000 m²
    3. Au-dessus de 5 000 m²
  2. Repérer cette superficie sur la carte du zonage archéologique
  3. Prévenir les services de l’archéologie si :
    1. En-dessous de 1 000 m², on est dans le bleu
    2. Entre 1 000 et 5 000 m², on est dans le bleu ou le vert
    3. Au-dessus de 5 000 m², on est dans le bleu, le vert ou le jaune
N.B. : en cas de doute ou de plusieurs couleurs, demandez conseil auprès des services de l’archéologie
L’archéologie publique wallonne est à votre service !

Opérations archéologiques, sites fouillés et recherches archéologiques en Wallonie

La Chronique de l’Archéologie wallonne publie les résultats des découvertes, opérations archéologiques et études spécifiques menées en Wallonie par la Direction et les Services de l'archéologie, les institutions scientifiques et les partenaires privés. Elle offre un bilan complet des activités réalisées dans le cadre d’une année. Le site qui lui est dédié compile les numéros publiés chaque année depuis 1993. La base de données en ligne autorise des recherches multi-critères dans toutes les notices et donne accès aux versions pdf de celles-ci.

Accès au site : Chronique de l’Archéologie wallonne

Le site du Grognon à Namur

Depuis toujours, le quartier du Grognon, au confluent de la Sambre et de la Meuse, a été identifié comme berceau de la ville de Namur, aujourd’hui capitale de la Wallonie. L’Homme a su tirer profit des avantages dont la nature a gratifié le site, protégé par le massif rocheux de la citadelle, et ouvert sur le monde par ses cours d’eau. Fortifications, habitats et infrastructures portuaires l’ont progressivement gagné, au point que c’est un quartier particulièrement dense et animé qui s’y déployait jusqu’en 1968. La paupérisation de sa population, le délabrement progressif du bâti, puis le besoin d’espaces dédiés à l’automobile en ont finalement eu raison, amenant à sa démolition définitive.

À l’initiative de la Ville de Namur, le Grognon est aujourd’hui au cœur d’un vaste projet urbanistique, incluant notamment la construction d’un parking souterrain. En raison des atteintes portées au sous-sol, pareil projet nécessitait une nouvelle campagne d’archéologie préventive. Ces recherches sont actuellement en cours : une équipe de la Direction de l’Archéologie du SPW explore systématiquement les entrailles du Grognon, interrogeant, couche par couche, maison par maison, son long passé. Jour après jour, les éléments découverts viennent compléter l’histoire de ce site emblématique et de ceux qui l’ont habité. C’est cette histoire qui vous sera contée ici, en direct depuis le terrain…

Site web dédié aux fouilles du Grognon de Namur